12 Jan 2019

Vos disques vinyles pourraient vous coûter beaucoup plus cher prochainement

L’industrie du disque au pays ne va pas bien et un autre coup dur pour de nombreux détaillants vient d’être annoncé. L’un des principaux fournisseurs de vinyles au Canada a fermé ses portes sans préavis - forçant certains détaillants à rapidement se tourner vers d’autres fournisseurs et soulevant des questions sur l’augmentation des prix.

RPM Distribution, basé à Concord, en Ontario, a informé ses clients lundi par courriel que toutes les activités de l’entreprise cessaient immédiatement.

Par conséquent, toutes les livraisons attendues par des petits détaillants ont été suspendues. C’est notamment le cas pour le magasin Revolution Records, à Hamilton. Le propriétaire, Scott Bell, a déclaré qu’il dépendait de RPM Distribution pour obtenir environ 70 % de son inventaire. Il est maintenant à la recherche d’un nouveau fournisseur pour pouvoir répondre à la demande de ses clients.

Selon Bell, d’autres détaillants qui faisaient affaire avec RPM Distribution se procuraient une part encore plus importante de leur marchandise. Certains s’inquiètent des conséquences de la fermeture, qui pourraient notamment entraîner une hausse des prix ou une pénurie de nouveaux titres.

Des fournisseurs tels que RPM Distribution remplissent une fonction unique dans le secteur du vinyle, car ils permettent aux magasins locaux de s’approvisionner dans une grande variété de genres et en petites quantités. Beaucoup d’étiquettes de disques, telles que Universal, ne font pas directement affaire avec ce type de commerces, car ils ne commandent pas suffisamment d’exemplaires. Ce sont les entreprises comme RPM qui permettent aux disquaires locaux d’avoir une offre intéressante en agissant à titre d’intermédiaire.

Bryan Munn, de Royal Cat Records à Guelph, en Ontario, dit qu’il se doutait que quelque chose n’allait pas bien chez RPM lorsqu’il n’a pas reçu sa commande d’après-Noël. Il suggère aux clients de surveiller les prix des vinyles dans les prochaines semaines, car la diminution de l’offre pourrait faire grimper les prix dans certains magasins.

Mark Logan, propriétaire du magasin Encore Records à Kitchener, en Ontario, prévoit que les disquaires qui se concentrent sur la vente de nouveautés en demande seront les plus touchés par la fermeture de RPM. Selon lui, ceux pour qui les affaires vont plutôt bien pourraient seulement devoir faire face à une période de transition d’une durée de quelques semaines. Cependant, cela pourrait mettre fin aux activités des commerçants qui en arrachaient déjà avant l’annonce de cessation des activités.

La résurgence du vinyle a fait beaucoup de victimes ces dernières années, en partie à cause des coûts de fabrication élevés et du nombre d’installations pouvant produire les albums.

Il y a deux ans, l’entreprise Canada Boy Vinyl, à Calgary, l’une des seules usines de production au pays, a fermé un peu plus d’un an après son ouverture.

Malgré les obstacles rencontrés par l’industrie, les ventes de vinyles ont augmenté de plus de 21 % l’année dernière selon Nielsen Music Canada, avec plus de 975 000 unités vendues. Il reste à voir comment les joueurs de l’industrie pourront relever les défis qui les attendent.

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