Certains groupes de hard rock et de metal appartiennent définitivement au panthéon de la musique. Quand on évoque Black Sabbath, Metallica, Rammstein, Iron Maiden, Slayer, Motörhead, System of a Down ou encore Guns N’Roses, un autre nom s’impose naturellement. AC/DC, bien sûr.
Depuis plus d’un demi-siècle, la formation australienne fait vibrer les métalleux du monde entier. Leur parcours a pourtant été assombri par des drames profonds, notamment la mort tragique de leur chanteur emblématique Bon Scott en 1980, puis la perte du cofondateur et guitariste Malcolm Young en 2017. Malgré ces coups durs, le groupe n’a cessé d’inspirer de nouvelles générations et de dicter les standards du genre. Aujourd’hui, Angus Young, Brian Johnson, Stevie Young, Phil Rudd et Cliff Williams maintiennent la flamme intacte, reprenant la route à l’occasion de l’extension de leur fameux « Power Up Tour ».
L’audition qui a sauvé le groupe
Retour au début de l’année 1980. À l’époque, personne n’aurait pu imaginer Brian Johnson prendre le micro d’AC/DC. La disparition de Bon Scott venait tout juste de frapper la formation. Même si les frères Young voulaient coûte que coûte aller de l’avant, l’avenir semblait compromis sans cette voix si singulière. Mais dès que Johnson a pris la parole et commencé à chanter, l’évidence a frappé tous les membres du groupe. Ils tenaient là une chance inespérée de rester au sommet du rock mondial.
Dès le premier jour, le nouveau venu savait pertinemment qu’il ne s’agissait pas de « remplacer » Bon Scott au sens strict. Le regretté chanteur n’était simplement plus de ce monde. Brian se voyait plutôt comme un vecteur musical, un relais pour faire résonner en direct des brûlots comme « TNT » ou « Dirty Deeds Done Dirt Cheap ». Bon Scott tirait ses gémissements caractéristiques du style de Little Richard. Johnson, de son côté, puisait son inspiration chez des artistes comme Tina Turner. Si cette dernière imposait le respect par sa prestance scénique, c’est bien la puissance vocale du morceau « Nutbush City Limits » qui a servi de catalyseur. Sans cette chanson, il est fort probable que le reste du groupe ne lui aurait jamais accordé la moindre attention.
Cette fameuse audition aurait pu être une épreuve insurmontable. Au lieu de cela, quelques mesures ont suffi pour sceller le destin du groupe. Johnson s’est d’ailleurs souvent remémoré cet instant, précisant qu’il s’agissait moins d’un véritable casting que d’un simple bœuf entre musiciens. Avec son groupe de l’époque à Newcastle, il avait l’habitude de reprendre « Nutbush City Limits », un titre qui mettait le public en transe. Lancer cette chanson exigeait une énergie totale, sans demi-mesure. Il a entamé le morceau avec les gars d’AC/DC, la batterie s’est mise en route, et la magie a tout de suite opéré. Avoir la même fougue vocale qui a su transcender « Proud Mary » s’est avéré être le guide parfait pour relancer la machine infernale d’AC/DC.
Cinq morceaux fondateurs
C’est sur ce socle solide, fait de drames surmontés et d’alchimie musicale immédiate, que le groupe a consolidé son empire. Voici cinq titres incontournables qui racontent cette épopée légendaire.
It’s a Long Way to the Top (If You Wanna Rock ‘N’ Roll) Tiré de High Voltage, le premier album du groupe sorti à l’international en 1976, ce titre est un monument. Pendant cinq minutes et une seconde, Bon Scott y joue de la cornemuse, offrant au single une place de choix dans les palmarès britanniques pendant trois semaines. Petite anecdote de connaisseur, c’est ce même morceau qui résonne dans les stades juste avant « The Ecstasy of Gold » d’Ennio Morricone pour annoncer l’entrée en scène de Metallica. Brian Johnson, par pur respect pour son prédécesseur, a d’ailleurs toujours refusé de chanter ce classique en concert.
Highway to Hell Véritable raz-de-marée planétaire, « Highway to Hell » donne son nom à l’album culte paru en 1979. L’année de sa sortie, le titre a connu un succès fulgurant en Europe, dominant les ondes aux Pays-Bas, en Allemagne et en Belgique, avant de conquérir les États-Unis. Classée depuis 1995 parmi les « 500 chansons qui ont façonné le rock ‘n’ roll » par le Rock and Roll Hall of Fame, elle a même raflé le prix APRA en 2009 de la chanson australienne la plus diffusée à l’étranger.
Back in Black Difficile de faire plus symbolique et percutant. Tirée de l’album éponyme de 1980, cette chanson marque le grand retour du groupe, enregistré seulement quelques mois après le décès de Bon Scott le 19 février. C’est le premier coup de maître de Brian Johnson, qui en a d’ailleurs signé les paroles. Porté par un solo de guitare devenu une référence absolue, « Back in Black » a connu d’innombrables reprises, interprétées par des artistes aussi variés que The Hives, Muse ou encore Carlos Santana.
Hells Bells Autre pilier de l’album Back in Black, dont elle assure l’ouverture. Considérée comme l’un des joyaux de la discographie d’AC/DC, « Hells Bells » prend à la gorge dès les premières secondes avec ses treize coups de cloche au son funèbre. Son aura a largement débordé du cadre strictement musical pour envahir le monde du sport. Trevor Hoffman, ancien lanceur de la Major League Baseball (MLB), en a fait sa musique d’entrée sur le terrain de 1998 à 2010. Les Devils du New Jersey s’en servent également pour faire monter la pression au hockey sur glace.
Thunderstruck Composée par Angus et Malcolm Young pour l’album The Razors Edge paru en 1990, « Thunderstruck » est une décharge électrique à l’état pur. L’engouement des fans a été tellement immédiat que le groupe n’a jamais retiré le titre de ses setlists depuis sa création. Certifié disque de platine dans de nombreux pays comme l’Australie, le Royaume-Uni, l’Italie, le Danemark et le Mexique, le morceau a fracassé un nouveau plafond de verre en octobre 2021. Ce mois-là, son clip officiel a officiellement dépassé le cap vertigineux du milliard de vues sur YouTube.